Nouvelles de Thaïlande – Avril 2014

– Par Pierre-Yves, secrétaire général de Terres Karens –

Les vacances sont arrivées dans la montagne.

Le village semble plus calme. Les enfants du pensionnat de Mae Woei sont repartis dans leurs villages. Le centre du village où se trouve l’école, fermée, semble bien vide. Les soirées de départs et de fin d’années se sont multipliées et les différents centre accueillant des enfants karens partout dans la région ont eux aussi fermés leurs portes pour un mois et demi.

A l’atelier de couture, d’autres ont cependant repris le chemin de l’école. Pauline donne en effet dorénavant des cours d’anglais à Bleschry. C’est elle qui lui a demandé. « J’aimerai bien pouvoir parler anglais, la communication avec les volontaires seraient tellement plus simple ».

Cette demande arrive à point nommé alors que l’atelier de couture se professionnalise en répondant à des commandes, écrites en anglais. Bleschry, désireuse d’apprendre se dit prête à relever le défi.

Pour fêter la fin de l’année, les couturières, professeurs, volontaires et salariés de Terres Karens et leurs familles sont partis 3 jours dans la jungle. Pêche, détente, balades ont rythmé ce long week-end placé sous le signe de l’amitié. Nous étions plus d’une trentaine ainsi à nous retrouver. Moment pour les volontaires pour faire plus ample connaissance avec les familles des personnes que nous côtoyons quotidiennement.

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A la rencontre des tisserandes.

Depuis plusieurs semaines, tchika bleu ciel et sac karen en bandoulière, Djo Wa, « le grand frère blanc », parcourt en long en large et en travers le village de Mae Woei Klo.

Je suis bien connu maintenant dans le village. Armé de mon bloc note rouge et de mon stylo bille noir, je vais de maison en maison à la rencontre des tisserandes. J’ai appris un nouveau mot : tackotackei : problème. Le but étant de connaitre le sentiment des tisserandes sur le fonctionnement de la coopérative, des éventuels problèmes qu’elles rencontreraient.

Banomiba est souvent la première réponse à laquelle j’ai droit. « Pas de problème ». Puis au fil de la conversation, les cœurs s’ouvrent, la confiance s’installe. Les problèmes il n’y en a pas tant que ça, heureusement. L’envi de parler en revanche est bien là. Les conditions de vie pas toujours évidentes, les petits problèmes de fonctionnement de la coopérative, les enfants qui rentrent des différentes écoles, autant de sujet de conversation qui me permettent de connaitre un peu mieux les tisserandes et leurs familles. Ces temps de discussions sont souvent entre coupés de fous rires, sur une incompréhension ou un défaut de prononciation de ma part.

« J’aime travailler avec la coopérative. Gagner de l’argent me permet de payer les études de ma fille à Patarawit (grande école privée). Les études coutent chères. Je tisse un à deux lès par semaine ».

Bledimoh.

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Au bout d’un chemin, je tombe sur un club des 5. Sœurs, tantes, nièces tissent ici ensemble. Moment privilégié pour discuter, se raconter les potins et surveiller ensemble les petits enfants qui jouent autour d’elles. Avec les activités journalières un lès est tissé en deux jours. Il faut d’abord préparer le métier à tisser. Le fil est ainsi déroulé autour du métier à tisser pour que le futur lès atteigne la largeur de 45 cm.

Installées sur une paillasse, le temps de tissage dépend de l’expérience des tisserandes. Aussi je remarque facilement les jeunes tisserandes, plus lentes, consciencieuses, à côté des femmes pleines d’expérience, pouvant suivre plusieurs conversations tout en tissant des lès compliqués.

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