L’écho de MaeWoei Clo – Une journée de pêche

– par Julie, volontaire MEP à MaeWeoi Clo –

Notre voisine Tchrissamo (oui, on a mis du temps à savoir le prononcer ce prénom!), la directrice de l’école, aime beaucoup aller à la pêche. Seule, avec les enfants du pensionnat ou avec son mari, elle part panier au dos le temps de quelques heures ou d’une demi journée pour tenter de ramener quelques protéines pour un repas.

L’autre jour, nous l’avons accompagnée elle et son mari. Départ après le petit déjeuner. Nous longeons la rivière une petite heure pour s’éloigner du village où la pêche est interdite (afin d’éviter la disparition de ces derniers et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle des énormes poissons vivent tranquillement à côté des baignades et lessives de chacun). Nous faisons une première halte en chemin pour pêcher; elle, avec une grosse épuisette sans manche, en soulevant des cailloux dans des zones où le courant n’est pas trop fort. Elle espère prendre des crabes ou des crevettes qui serviront d’appâts. Lui, avec un long filet lesté de poids qu’il jette par ci par là. Il espère piéger quelques petits poissons. Puis nous poursuivons notre descente de rivière en croisant les dernières familles qui préparent prière et repas de fête dans leur cabane pour la fin des récoltes.

Nous atteignons enfin la zone de “pêche à la ligne”. Tchrissapa installe une dizaine de cannes en bambou au bout desquelles pendent des hameçons sur un petit bout de fil. Il s’agit de les placer dans des recoins où les poissons peuvent s’égarer. Régulièrement, il les change de place en remontant petit à petit la rivière. Pendant ce temps, Tchrissamo arpente elle aussi la rivière avec son filet. Patience et énergie sont requises!

Quelques heures passent ainsi où pour dire vrai, nous observons plutôt que nous participons; (je ne suis pas la fille de mon père!), puis nous voyons Tchrissapa commencer à préparer un feu. Ah! On déjeune ici! Je n’avais pas compris… Notre pêche miraculeuse est aussitôt embrochée sur des bambous, pendant que Tchrissamo sort de son panier.. du riz pour tout le monde, une omelette spécialement pour nous, du sel, sans oublier l’indispensable sauce pimentée “morissa”. Incroyable…! Le repas est délicieux, partagé dans de larges feuilles en guise d’assiettes.

Sur le chemin du retour, je chante dans ma tête “il en faut peu pour être heureux…” et médite sur ce quotidien en harmonie avec la nature. On pourrait se dire, fainéants que nous sommes, “Pfff tous ces efforts pour ça.. pourquoi se fatiguer” mais c’est là qu’elle est la vie, et c’est là que se trouve le morceau de bonheur; dans la récompense de l’effort accompli. Encore un couple d’une gentillesse folle.

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