Un socle de croyances animistes et de traditions bouddhistes 2/2

Posted by on Fév 22, 2016 in Culture karen | No Comments

Les logiques comportementales héritées du bouddhisme

Si peu de karens se sont convertis au bouddhisme, leur confrontation avec les thaïs a fortement influencé leur manière de penser ou de se comporter à l’aune du mode de vie de leurs voisins. Pour le bouddhiste, les dieux ne sont pas les plus importants. Ce qui compte davantage, c’est l’harmonie dans laquelle chacun vit, qui augmente à mesure que l’on se détache des sentiments ou des passions. Bouddha, par sa rencontre avec un mendiant, un malade et un vieillard, a découvert une voie qui mène au bonheur, c’est-à-dire à l’absence absolue de soucis ou de dépendances spirituelles, l’ataraxie. Par le jeûne, la méditation et le don, il apprend à se détacher de tout ce qui le retient loin des paradis de l’esprit sans attache. Le premier, il a atteint l’indépendance absolue de la contemplation parfaite. Dans ce paradigme, il faut apprendre à se détacher de toutes les passions violentes qui parsèment la vie d’un homme, et de toutes les matérialités qui le retiennent loin de l’abandon spirituel à la contemplation. Ce faisant, on augmente la force de son âme, son “karma”, qui conditionne la manière dont, à la mort, on intégrera un nouvel état.

De cette manière de comprendre la condition humaine, on peut mettre en relief deux points importants, qui sont présents dans les mentalités karens :

  1. L’importance de l’harmonie relationnelle. Il est hors de question de s’énerver : celui qui s’emporte peut mettre en danger l’harmonie qui existe au sein d’une famille ou d’une communauté, et provoquer des passions dommageables pour tous. Il est en outre déconsidéré en ce qu’il se révèle incapable de maîtriser les siennes propres : il “perd la face”. En cas de conflit, on préférera donc utiliser des intermédiaires pour, à tout prix, éviter les règlements de comptes frontaux. La préservation de l’harmonie au sein de la communauté et pour chacun avec soi est parfois jugée plus importante que la résolution des problèmes eux-mêmes.
  2. La notion de “karma”, ou de mérite dû exclusivement aux actes d’une vie antérieure, explique pour une part l’acceptation silencieuse de bien des choses incompréhensibles dans les modes de pensée occidentaux traditionnels. La corruption, par exemple, n’est pas choquante en ce que ceux qui possèdent les postes les plus élevés ont mérité le poste qu’ils occupent par les actes de leur vie antérieure. Il n’est pas sans raison qu’ils touchent une part des revenus qu’ils perçoivent : c’est la règle tacite des réincarnations qui a décidé pour eux.

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